C'est un de ces maux qu'on ne peut pas guérir.. Ce n'est pas ta faute.
Tu as préféré ta vie de con, le bonheur nous aurait ennuyés. On crèvera chacun de notre coté. Maintenant j'entends de toute part tes histoires où je ne suis plus la vedette, tes déconvenues, ou tes conquêtes, et quand je parle de nous au passé, on me rit au nez... Parce que je dis « nous ». Ils ont raison. Je suis stupide, mes yeux sont ouverts mais je ne vois rien. Je refais surface. J'ai le souffle coupé, l'impression de mettre pris un coup de poing entre les deux yeux, une douleur atroce m'irradie tout entière, de celles qu'aucun mot, qu'aucun geste ne peut consoler et qui fait ruisseler sur mes joues ces larmes amères, ces vraies larmes dont on oublie le sens à force de les verser pour des futilités.
J'ignore tout de ce désespoir hurlant contre lequel je ne peux rien.
Je n'ai même pas envie de sortir, ça ne m'intéresse pas, je n'ai envie de voir personne, juste lui. Il me manque. Je t'aime, c'est rien, c'est tout, je ne lui ai jamais dit. Et tant pis s'il me répond froidement d'aller me faire foutre. Au moins je serai fixée. Vous trouvez ça puéril? J'ai mes raisons. J'emmerde le monde parce que je le hais. Je le hais de ne pas être ce que je voudrais qu'il soit. Moi j'ai perdu, non je suis perdue. Je l'aime... Tout le temps, toujours, à en crever. Je l'aime endormi ou déprimé, je l'aime même coké, abruti, dégradé. Demain aurait été un autre jour... semblable. Je me mets à broyer du noir. Dans ces ambiances, l'excitation est à un degré du pétage de plombs, je sens mes nerfs tendus, mon c½ur batte trop vite, un goût amer entre mes mâchoires serrées et je lève les yeux vers le ciel pour y chercher de l'aide. L'humanité souffre.